Régis Authier, Intégrales d'Edgard Varèse : une étude des rapports entre vents et percussions

La percussion représente un nouveau moyen d'expression dont l'exploitation témoigne de cette volonté de libération du son infatigablement défendue par Varèse. Bien que loué de façon unanime, le rôle précurseur joué par le compositeur en ce domaine n'est que superficiellement étudié. Datant de 1977, l'analyse d'Ionisation par Chou Wen-Chung reste en effet un cas rare. Créée en 1925, Intégrales a été conçue pour un orchestre d'instruments à vent et à percussion. Dans cet article, l'oeuvre est essentiellement étudiée sous l'angle des rapports qu'entretiennent ces deux sous-ensembles. En premier lieu, la comparaison de certaines figures démontre la nécessité de dépasser occasionnellement un tel clivage. Quelques exemples mettent ensuite en évidence la variabilité de cette relation à l'échelle d'une période : confinant parfois à l'autonomie, celle-ci tient ailleurs de la plus stricte interdépendance. La percussion est enfin considérée au plus haut niveau de l'organisation musicale. Son positionnement ainsi que sa fonction évoluent d'une manière qui peut s'avérer significative au plan structurel.