François NICOLAS, En quoi la musique constitue-t-elle un monde à part entière ? Conditions, conséquences

Se fondant sur le concept mathématique de topos (Grothendieck) et le concept philosophique de situation-univers (Badiou), la thèse de l'article est que la musique constitue un monde à part entière, satisfaisant aux trois propriétés d'un monde : infiniment vaste, clos sur lui-même, centré sur une logique interne. La sociologie ne peut suffire à rendre compte de l'insubordination de la musique, de sa logique interne fondée sur ce qu'on appelle « théorie de la musique ».
   Cette conception de la musique comme monde permet de la penser à la fois une et plurielle. Elle éclaire le rapport des musiciens à la musique, qui la visitent sans l'habiter. Elle définit le contenu de l'intellectualité musicale, celle qui pense le monde de la musique comme tel, et démontre qu'une histoire de la musique ne peut être histoire que pour les musiciens, non pour les Ĺ“uvres.