Serge GUT, Les interférences du chiffrage d'accord, du chiffrage de degré et de la dénomination fonctionnelle en analyse harmonique

L'article débute par un bref historique du chiffrage harmonique, né au XVIIe siècle avec la basse continue. Il souligne la signification ambiguë des signes dénotant la note sensible et décrit le changement de signification des chiffres barrés, indiquant d'abord un accord qui contient la sensible, puis un intervalle diminué ou, parfois, augmenté. Le chiffrage de la basse en chiffres romains, qui remonte à Georg Joseph Vogler (1802), n'a été adopté en France qu'après le milieu du XXe siècle. La désignation fonctionnelle par les lettres T, S et D est due à Hugo Riemann (1873).
   En France, le chiffrage de la morphologie des accords est généralement dissocié de celui du degré, ce qui permet une distinction aisée entre les accords consonants et dissonants, stables et instables. Le chiffrage des degrés indique la place de la fondamentale sur l'échelle, mais pas toujours suffisant ; le chiffrage fonctionnel proposé par Riemann est très efficace pour indiquer le rôle de l'accord dans l'organisation de la phrase. L'analyse musicale a tout intérêt à faire usage de ces trois procédés.