Jean-Pierre BARTOLI, Le refrain final du Quatuor op. 33 n° 2 de Joseph Haydn : une analyse rhétorique à partir du modèle du Groupe µ

Un des apports les plus précieux du développement de la « néo-rhétorique structurale » est d’avoir adapté les outils issus de la rhétorique classique cantonnée au langage verbal, au domaine de la sémiotique générale. À l’exception de recherches d’ordre historique sur l’esthétique baroque, l’observation de la musique par ce biais n’a pas connu un développement comparable. Ceci semble paradoxal : par sa nature, la musique offre pourtant un domaine dans lequel les opérations constitutives de la communication rhétorique fonctionnent avec une remarquable efficacité.
   L’analyse de la section finale du quatuor op. 33 n° 2 de Haydn permet d’illustrer l’application au domaine musical de la description de la figure rhétorique proposée par le Groupe µ avec le recours aux notions d’isotopie, d’allotopie, d’impertinence, des degrés conçu et perçu ou encore de réévaluation. Cet exemple permet d’examiner sous de nouvelles perspectives l’approche du fait musical tant du point de vue des différents degrés de rhétoricité que des concepts de code, de norme et d’écart et enfin de l’éternelle question de la référentialité du sens musical. Cette analyse permet enfin d’étudier dans le même geste aussi bien les intentions poïétiques du créateur que l’horizon d’attente esthétique et la collaboration interprétative de l’auditeur.